Témoignage d'une citoyenne sensibilisée à la psychiatrie

Il y a eu un avant et un après.

Avant les réunions avec les citoyens, les élus, et les psychiatres, les recherches dans les magasines et maintenant, il s’est passé 10 mois.

Avant j’étais plutôt ignorante de tout ce qu’était la psychiatrie. C’était pour les autres, les familles de malades, les spécialistes : les pédopsychiatres, psychiatres, tout ça à l’ombre de grands murs à la campagne, loin de ma vie, mon quotidien… Et puis les événements m’ont rattrapée… des détails tout au plus qui interpellent… 

Tout a commencé quelques mois avant l’appel de Marie-Noëlle dans les médias pour la création de Conseil Citoyen Local de psychiatrie. Je finissais un stage dans deux entreprises dont le sujet était les risques psychosociaux et j’avais été sensibilisée par mon professeur en recrutement sur l’obligation faite d’employer des personnes handicapées. J’avais vu d’ailleurs dans une entreprise, un employé identifié bipolaire.

De retour dans mon entreprise et ma vie privée, des petites phrases là encore, me font m’interroger : "t'as vu elle retourne encore chez les fous à Novillars…",  "Oui, tu savais pas, ça fait 5 ans que je suis en dépression…", "Eh, dis donc, méfie toi de Paul c’est un pervers narcissique…", "Tu sais, j’ai fait un burn-out il y a deux ans et je vais voir régulièrement mon psychiatre…"

J’étais déjà en pleine réflexion. Finalement qu’est-ce-que je connaissais de la psychiatrie ? Je voyais dans la rue des gens "bizarres", un se trimbalant avec un casque sur la tête depuis des années alors qu’il était à pied ; un autre répondant à quelqu’un d’imaginaire…

Plus tard dans le journal, je vois un article sur l’association Les Invités Au Festin qui faisait une brocante, rue de la Cassotte tout près de chez moi, où je me rends et, au même moment, un reportage sur cette même association à la télévision. S’en suit l’appel de Marie-Noëlle sur le journal, pour la constitution d’un Conseil Citoyen de Psychiatrie.

Je me pose des questions, je doute.

- La citoyenne que je suis doit-elle se préoccuper de la psychiatrie ?

- En ais-je le droit ? Est-ce que ce que ce n’est pas un domaine réservé ?

- Ais-je  mon mot à dire ?

Mon sentiment à cet instant précis, c’est que j’aimerais bien en savoir un peu plus. Ce Conseil me donnerait peut être des réponses.

Au fil des réunions et de l’actualité de mon quotidien, je découvre le monde de la psychiatrie. Des spécialistes expliquent comment fonctionnent leurs services, on s’interroge sur les faits divers sanglants impliquant la santé mentale des meurtriers. On découvre aussi qu’il n’y a pas que Novillars qui prend en charge les malades atteints de trouble psychiatrique,  

que d’autres solutions existent.

Et si c’était un ami, un parent comment voudrais-je qu’il soit pris en charge ?

Je discute avec mon entourage sur la psychiatrie, l'enfermement, les "fous" et la peur de ce qu’ils peuvent faire ou pas ! J’en arrive à la conclusion qu’il y a beaucoup de malentendus, de préjugés, et surtout d’ignorance.

Et si ce Conseil Citoyen de Psychiatrie était l’occasion de donner la parole aux citoyens ?

Après ce cheminement de près de 1 an, j’ai l’intime conviction que j’ai mon mot à dire. Maintenant que je "sais", je ne peux pas ignorer la réalité. Oui, il y a des malades psy, qui ne sont pas pris en charge de la même façon d’une ville à l’autre. Oui, il y a différentes approches de la maladie par les professionnels. Oui, certains malades sont stigmatisés, dénigrés. Oui, certains malades n’arrivent pas à s’insérer dans la société, mais la société a besoin de tous pour bâtir le visage de la future cité. Et en tant que citoyenne, j’ai ma part de responsabilité pour que le malade mental retrouve sa place.

 

ML-E 08/08/2012

Dates des Prochains forums

 

au Foyer de jeunes travailleurs de la Cassotte,

18 rue de la Cassotte

à Besançon

de 18h00 à 20h00

 

Mardi 2 octobre 2018

Quelle participation citoyenne des personnes en souffrance psychique à l’élaboration et à l’organisation des politiques publiques qui les concernent ?
Présentation du PTSM: Projet Territorial de Santé Mentale du Doubs